I Love my Job… NOW.

Oui parce que, lui et moi, ça n’a pas toujours été l’amour fou.
Il fut un temps ou je l’ai même détesté.
J’avais décidé de le quitter, de le bannir définitivement pour en apprendre un autre… et puis, en me redonnant un peu de self estime, il a su me retenir, et finalement je l’exerce aujourd’hui avec une motivation et même un plaisir jamais connu en 20 ans de vie active.
Quand je dis « JOB » je veux parler de mon métier. Mon métier d’Assistante. Assistante de Direction.
Métier que j’ai eu l’occasion d’exercer dans des secteurs d’activités variés (tient, on dirait une phrase de lettre de candidature).
Je vous raconterai dans un prochain article que je consacrerai aux choix professionnels ce qui m’a amené complètement par hasard à choisir cette voie.
Dans cet article je veux vous parler de mon rapport avec mon métier, l’expérience que j’en ai et l’analyse que je fais avec le recul de ce type de poste.

Même si la tendance est à la spécialisation : assistant(e) « commerciale » assistant(e) « de gestion » assistant(e) »administratif » « medical » « juridique »…. à la base le métier d’assistant(e) a cette caractéristique particulière qu’il peut être exercé dans tous les secteurs d’activité. Vous pouvez tout aussi bien occuper un poste d’assistant(e) dans une usine de boîte de conserves que dans une agence bancaire. Evidemment plus on passe de temps dans un secteur d’activité, plus on se spécialise dans celui-ci et moins il est facile d’en changer.

« C’est pas grave… y a pire »

Moi j’ai un BTS Assistant « de direction » (ouais ça en jette !) mais ça aurait pu s’appeler BTS Secrétariat car c’est en fait strictement la même chose (je vois d’ici les cheveux de mes anciennes profs se dresser sur leurs têtes en lisant ceci).
C’était d’ailleurs l’ancien nom de ce même diplôme (Secrétariat Bureautique).
A la fin des années 90, à l’heure ou l’on prédisait aux métiers du secrétariat un sombre avenir avec l’arrivée des nouvelles technologies qui permettraient aux managers du futur de se passer de « secrétaire », on a voulu donner à la fonction une dimension nouvelle, en orientant les enseignements vers d’avantage de polyvalence, et en développant des compétences un peu plus « pointues ». Ses enseignements ainsi réformés, le diplôme a été rebaptisé.
L’inconvénient voyez vous avec ce terme d' »assistante » c’est que quand vous dites que vous êtes secrétaire tout le monde comprend, vous faites du « secrétariat » : vous tapez des courriers, vous répondez au téléphone et vous souriez.
Quand vous dites que vous êtes assistante, l’image se trouble et on attend la suite : Assistante de qui de quoi ? Alors qu’en fait cela consiste à faire ni plus ni moins que du secrétariat (taper, téléphoner, sourire). Du coup, j’ai rapidement préféré dire directement que j’étais secrétaire ça m’évitait de me perdre dans des explications inutiles, même si une fois sur deux mon interlocuteur me regardait avec un air de dire « c’est pas grave, y’a pire ».

En effet, le terme de secrétaire à une connotation péjorative. Sans parler de sa représentation dans l’imaginaire collectif en général et dans celui de l’imaginaire masculin en particulier.

J’ai honte de le dire, mais mes premières expériences m’on plutôt amené à avoir moi-même une vision assez « machiste » et « réductrice »de ce type de poste, et donc de mon propre poste, pendant un bon nombre d’années. M’amenant même à m’auto-dénigrer et à douter de mes propres compétences. Je vais vous expliquer pourquoi, et mon analyse avec le recul.

L’ennui, cet ennemi en embuscade derrière chaque assistante

Bien sûr, pendant le BTS on nous vendait (de bonne foi) du rêve en nous disant que l’assistante d’aujourd’hui n’était plus la secrétaire d’antan, que de part son champs de compétences élargi qui allaient bien au de la de celles de savoir taper très vite sur un clavier ou prendre des notes, elle avait une véritable valeur ajoutée, qu’elle était véritablement le « bras droit » de son supérieur.

Mes premières expériences dans la vraie vie m’ont plutôt montré que si par « bras droit » on entendait « bonne à tout faire » alors en effet on ne nous avait pas menti.
Car la fameuse polyvalence qui était sensée « ouvrir » le champs de compétences de la secrétaire « de base » a en fait surtout permis aux recruteurs de créer des postes « fourre-tout » ou l’on met tout ce que les personnes occupant des postes plus « spécialisés » n’ont pas le temps (ou l’envie) de faire.
Attention, en disant ceci je ne dénigre pas le métier, mais c’est quelque chose qu’il faut vraiment avoir en tête si on projette de se lancer dans ce type de profession. Il faut savoir qu’il faut avoir un type de personnalité relativement souple et serviable, pour ne pas dire servile, et n’avoir aucune difficulté à se « soumettre » à l’autorité d’un supérieur.

Dès mes premiers pas en entreprises, j’ai très vite compris que pour un poste « d’assistante » les compétences de base, à savoir taper un courrier et maîtriser à minima un logiciel de traitement de texte, un photocopieur et un téléphone suffisaient amplement dès lors que vous possédiez ce type de personnalité et que vous saviez sourire.

J’ai compris aussi que la compétence qu’il était surtout indispensable d’acquérir (et celle ci aucune matière ne l’enseignait) était celle de savoir sonder rapidement la ou les personnalités de votre ou de vos supérieurs hiérarchiques afin de savoir vers quoi s’orientent leurs priorités et en déduire les bons réflexes à adopter. Une fois un minimum de confiance acquise, du moment que vous répondez à ces quelques exigences prioritaires, tout roule.

Et une fois que tout roule, tout roule.
C’est un métier dans lequel, si vous n’allez pas chercher le « challenge », vous vous ennuyez vite, très vite.

D’autant que la charge de travail de ce type de postes a tendance à être surestimée lors de l’élaboration du « descriptif » de recrutement. On utilise des termes compliqués pour décrire des tâches simples ou basiques afin de leur donner « du corps », de justifier ou de vendre le poste.
La encore, je pense, en toute bonne foi.
Car ceux qui font le recrutement (que ce soit le gérant pour une petite entreprise ou le responsable de recrutement en grande entreprise) n’ont jamais eux même été amené à faire le type de tâches pour lesquelles ils recrutent et ils ont donc du mal à estimer le véritable volume de travail qu’elles génèrent.

Et de fait, une fois que vous y êtes et que vous avez acquit le minium de réflexes décrits plus haut, vous finissez par vous apercevoir que les tâches pour lesquelles on vous a engagé occupe à peine 50 % de votre temps et engage 10% de votre capacité cérébrale.
Alors « on » occupe votre temps à vous faire faire tout un tas de choses que les autres n’ont pas le temps de faire. Des tâches à exécuter souvent dans l’urgence et aussi ingrates qu’inintéressantes dans le sens ou elle ne font pas partie d’un vrai « projet », qu’elle ne représente rien pour vous qu’une tâche à accomplir à l’instant T et dont vous ne connaissez pas les tenants, ni ne verrez les aboutissants. Mais que vous ne pouvez pas refuser puisque vous êtes « assistante », donc vous « assistez », on vous a recruté pour ça.
Votre temps est alors parfois plus occupé, mais vos capacités cérébrales, quant à elles, se mettent carrément en veille.
Et plus vos capacités cérébrales se mettent en veilles, moins vous êtes en mesure de trouver la motivation d’aller chercher le fameux « challenge ». Vous vous désintéressez complètement de votre job, qui devient à 100 % alimentaire.

Et le jour ou vous vous apercevez que votre boss(e) maîtrise mieux Power Point que vous et fait elle-même ses présentations, vous vous demandez finalement quelle est votre vraie valeur ajoutée à vous, quelles sont vos vraies compétences et même si vous en avez déjà vraiment eu, et au fait, qu’est ce que vous faites là au juste ?
Quand cela ne tourne pas au bore-out total (ce sera l’objet d’un futur article).

Drôle de métier que celui d’assistante, il n’est pas facile de trouver sa place et de se sentir VRAIMENT utile.

Se spécialiser, ou changer de métier

S’il y a bien un domaine ou il faut savoir se créer sa chance c’est le domaine professionnel, et si vous voulez mon avis, s’il y a bien une profession ou vous devez carrément « vous bouger le cul » si vous ne voulez pas mourir d’ennui (je parle de l’ennui intellectuel) c’est bien celle d’assistant(e). Et ce pour toutes les raisons décrites plus haut.

Pour ma part, je suis restée des années sans parvenir à trouver ni l’énergie ni la réelle envie je pense de « créer ma chance » mais heureusement, j’ai eu des opportunités qui m’y ont amené.

On m’a donné l’opportunité, j’ai choisi de saisir, d’ajouter une « spécialisation » à ce terme d' »assistante » en transformant « de direction » en « technique ».
Assistante technique ça en jette surement moins qu’assistante de direction et c’est encore plus compliqué d’expliquer ce que je fais, mais oh là là, c’est tellement les derniers de mes soucis !!!

Aujourd’hui j’occupe un poste qui a le bon côté de la polyvalence dans le sens ou les tâches sont de natures variées mais qu’elles font toutes partie d’un seul et même projet. On sait pourquoi on les fait, à quoi elles servent et vers quoi elles tendent, et on en voit l’aboutissement et la réalisation concrète. Evidemment comme dans tout métier il y en a que j’apprécie moins que d’autres, mais le fait d’avoir vraiment ma place, mon rôle dans la réalisation d’un projet est quelque chose de primordial pour la motivation mais aussi pour l’estime de soi.

Et je pense que ce dernier point est un des éléments indispensable aux bien être au travail quelque soit le poste que l’on occupe. Avoir un rôle concret dans la réalisation d’un projet, être véritablement un maillon de la chaîne. Que vous soyez considérée et reconnue en tant que tel.

C’est de cette considération, de cette sensation de se sentir vraiment utile que naît la motivation le plaisir de « bien faire ».

J’avais pour ma part vraiment ce besoin que mon activité, au quotidien, représente la réalisation de quelque chose de vraiment concret, pas forcément quelque chose de très important ou de « glorifiant », juste quelque chose de perceptiblement utile.
Je me souviens m’être dit dans mes plus grand moment d’ennui que je me serais sentis plus utile dans un poste de caissière ou de standardiste. Et de fait, c’est cette notion de « travail concret », ce sentiment de se sentir utile, qui manquait cruellement à mon quotidien.

La profession que nous exerçons, le poste que nous occupons au quotidien a un rôle primordial dans l’estime de soi et l’amour propre.

Un psy m’avait dit un jour, ce dont vous avez besoin c’est de quelque chose qui vous donne envie de vous lever le matin.
Aujourd’hui c’est le cas, et ça change TOUT.

Et vous ? Votre travail vous donne t il envie de vous lever le matin ? Avez vous connu cette sensation d’inutilité, d’ennui ?

3 réflexions sur “I Love my Job… NOW.

  1. Eh bien ! Je dois avouer que mon job a eu plusieurs phases. D’abord c’était pour payer mes factures, ensuite je me suis un peu intéressée et j’ai retrouvé de la motivation puis là, je dirais que c’est 60-40 : pour la majeure partie de mon boulot, c’est pour payer mes factures, et 40% de ce que je fais me plait. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est ma passion mais bon, « ya pire », comme tu dis.
    Après oser c’est vrai que c’est pas facile, surtout quand tu as déjà osé et que tu te prends des portes dans la face.
    Ton parcours est vraiment intéressant en tout cas et ton article super ! Bonne journée 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Miss… Oser changer n’est vraiment pas facile c’est très vrai… mais comme rares sont les passions qui peuvent malheureusement nous « payer les factures » c’est en cela qu’il est important trouver dans son métier la part « passionnante » (quand il n’y en a pas simplement se dire qu’il y a quelque chose de « passionnant » à bien faire son travail) et surtout surtout, avoir une vie « parallèle » faite de ses vraies passions !!

      Aimé par 1 personne

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