Jour 4

Quatrième jour de ce « confinement » et je n’arrive toujours pas à y croire. D’ailleurs vous avez vu ? je n’arrive pas à lui enlever ses guillemets ! Comme si même ce mot n’existait pas vraiment…
Je ne veux pas dire que je n’arrive pas à croire que ce coronavirus existe et qu’il tue des gens, non non, ça j’y crois, j’y crois fermement, j’y crois et j’y pense peut-être même un peu trop.
Non ce que je n’arrive à réaliser c’est comment ça a pu arriver, comment peut on se retrouver enfermés chez nous, prisonniers, impuissants et spectateurs d’une impressionnante catastrophe sanitaire.

Comment, au 21ème siècle, un tout petit virus qui parait si inoffensif à la base (un peu de toux, un peu de fièvre, rien de plus apparemment qu’une petite gripette) a pu mettre le monde entier sur pause, paralyser l’économie toute entière, mettre en difficulté les services de santés de plusieurs pays et surtout, tuer autant de monde en si peu de temps… et ce même dans la partie « riche » du globe.

Il y a quelques semaines à peine, alors que les enfants étaient en vacances d’hiver, que nos existences d’alors, observée avec notre regard présent, s’écoulaient de manière tellement normales et paisibles, je me souviens que nous regardions encore cette épidémie avec un mélange de curiosité et d’amusement un tantinet morbide sans y croire vraiment, et qu’on se moquait gentiment de ceux qui commençaient à la craindre vraiment, ceux qui pensaient qu’elle serait bientôt parmi nous et quelle causerait potentiellement beaucoup de dégât.
Après tout, même si cela se produisait et bien quoi ? En Chine le taux de mortalité restait relativement modéré, et, personnellement en tous cas, je me disais que la fermeté des mesures de confinement prises à Wuhan était certainement d’avantage lié à la dureté du régime Chinois qu’a la gravité du virus en lui même.

Je me rends compte à présent qu’en réalité on ne s’intéresse vraiment à une situation dramatique que quand elle nous touche réellement, personnellement et qu’elle en vient à bouleverser le cours de nos propres existences.
On réalise alors que la plupart du temps, nous restons parfaitement détachés, hermétiques aux malheurs des autres.

Bien sûr nous avons tous des degrés et des capacités d’altruisme, d’empathie et de dévouement différents et plus ou moins développés, et heureusement, sinon il n’y aurait ni humanistes, ni soignants, ni aide humanitairuye d’aucune sorte. Mais n’empêche que dans le fond, globalement et pour la plupart d’entre nous, on fait quand même une sacré belle bande d’égoïstes nombrilistes.

Bref, le coronavirus on le regardait de loin, là bas en Chine et on observait les images de Wuhan déserté et des Chinois confinés avec une compassion toute relative.

Personnellement, peut être par ignorance, légèreté, je n’aurais jamais imaginé que quelque semaines plus tard vous allions vivre à quelques détails près les mêmes restrictions de « confinement » (encore une fois ce mot en lui même me paraît tellement surréaliste) et que ce virus apparemment inoffensif ou tout au moins à la dangerosité toute relative car mortel uniquement chez les personnes faibles, âgées ou fragiles tueraient et se propageraient avec une agressivité sans précédent, ici, en Europe, si loin de son foyer d’origine.

Et pourtant voilà, nous y sommes.

Cloîtrés chez nous. Confinés.
Dans nos appartements, nos maisons, nos villes, nos villages.
Seul.e.s, en couple, en famille.
Tantôt angoissé.e.s, tantôt euphoriques, optimistes et reconnaissant.e.s, tantôt paniqué.e.s, tantôt révolté.e.s, tantôt résigné.e.s et épuisé.e.s.

Comment vous décrire mon sentiment, mon ressenti face a cette situation.
C’est tellement complexe, rien n’est vraiment clair.
Beaucoup d’émotions se mélangent en réalité, sans qu’aucune ne se détache vraiment et prenne le dessus, bien que la peur, je l’avoue, soit assez présente.
En fait depuis 4 jours j’ai l’impression de ressentir un tumulte, d’être assaillie par des bourrasques d’émotions…
Et parmi elles certaines auxquelles je ne m’attendais pas du tout, comme la Nostalgie par exemple… je me sens parfois submergée par de grosses vagues de Nostalgie…

Pas seulement la nostalgie de la vie sociale mise entre parenthèse, des ballades et du sport en plein air, du manque de voir de contact direct avec ma famille, non, une réelle nostalgie.
Vous savez, cette émotion qui renvoie à vos souvenirs les plus heureux en vous laissant l’arrière goût triste et amer de savoir ces instants passés et perdus à tout jamais… La Nostalgie quoi. Et je suis franchement surprise que celle ci s’invite ici maintenant car ce n’est pas une émotion qui m’habite habituellement. Alors pourquoi ?

En fait j’ai ma petite idée. Vous aussi ? Non ? Vous ne voyez pas ou je veux en venir ?

Sans vouloir faire de la psychologie à deux balles (mais un peu quand même), nous vivons habituellement nos vies dans un tourbillon constant d’activités, à toute vitesse, et prenons rarement le temps de ne rien faire et quand c’est le cas, nous culpabilisons.

Alors, même si durant cette période de « confinement » nous restons relativement occupés, surtout si (c’est mon cas), nous télé-travaillons ou avons à gérer le travail scolaire des enfants, le fait de ne pas pouvoir sortir, vaquer à nos occupations et obligations sociales habituelles fait que le temps s’étire et que nous avons d’avantage l’occasion de nous retrouver face à nous même et de se retrouver, presque malgré nous en situation d’introspection… pour le meilleur comme pour le pire !!!

Alors tout le défi, en tous cas pour moi, des jours et des semaines à venir va être celui de ne pas se laisser emporter par des vagues de sentiments négatifs et anxiogènes mais d’aller chercher en soi même (comme dirait Mike Horn !!) le meilleur de ses ressources émotionnelles pour faire de cette période une période d’ou il pourra sortir quelque chose de positif.

Durant cette période, je publierai régulièrement des articles et partagerai avec vous mes expériences de ma vie de femme, de maman et d’assistante « confinée » (je m’y fais pas !)

Surtout n’hésitez pas à partager ici en commentaire, sur mon compte Facebook ou sur mon compte Insta (@toutesnosvies) les expériences de toutes vos vies en cette période de confinement que vous soyez vous même confinées ou que vous ayez à poursuivre une activité professionnelle à l’extérieur (puissantes et reconnaissantes pensées ici à tout le personnel médical et soignant, les aides à domiciles, mais aussi les personnes qui travaillent dans les commerces alimentaires et ceux qui sont sur la route pour les livrer…)

Et n’oubliez pas : prenez soin de vous, restez chez vous !



2 réflexions sur “Jour 4

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