Petite chronique d’une assistante atypique…

Hier matin encore en constatant que je n’avais pas mis à jour un tableau de suivi, mon boss m’a dit « mais…. Céline ! ça, ça doit être un AUTOMATISME !!! »
Avec, dans la voix, un ton qui exprimait à la fois l’exaspération, parce que ça fait environ 48 fois qu’il me le dit, et le désespoir, parce qu’il ne comprend pas comment c’est possible que j’oublie encore !
Le tout agrémenté, et ça fait toute la différence, d’une pointe de compassion, parce qu’il commence à bien me connaitre et que malgré tout… il m’aime bien.

Seulement voilà, je demande pardon à tou(te)s les chefs et cheffes que j’ai pu avoir dans ma vie et à qui j’avais garanti à l’entretien de recrutement : rigueur, organisation et constance. Car en vérité, tous et toutes on pu le constater par la suite, je ne suis pas « faite » de cette manière.

Il semble que ma personnalité ne soit pas « programmée » pour acquérir des automatismes et les appliquer à chaque fois qu’une situation se présente et ce dans le long terme et de manière systématique…

Non, ma psyché à moi semble n’obéir à aucune règle précise dans le long terme mais plutôt se laisser porter au gré du vent, de l’humeur du jour de l’air ambiant… du… oh regardez cette belle lumière ce matin dans le bureau, et dis moi elles sont beaucoup trop canons tes chaussures je les ai jamais vu si ??? Et… ah téléphone ! « Céline Martinet bonjour !!! »

et voilà… de quoi on parlait déjà ???

Ah oui les AUTOMATISMES…. la rigueur, la constance, l’organisation, bref toutes ces qualités qui sont sensées être le socle de compétences de toute bonne assistante.

En réalité dès le début de ma vie professionnelle je me suis rendue compte que je souffrais d’un déficit aggravé de ces qualités qui m’ont cruellement fait défaut dans mes premiers postes, ce qui m’a fait d’autant plus de mal que je n’arrivais pas à identifier clairement les atouts qui me manquaient et que de ce fait, j’avais du mal à travailler pour les corriger.

Longtemps j’ai pensé que si j’étais ainsi c’était forcément parce que j’étais moins intelligente. Je me suis longtemps dénigrée intellectuellement pensant que cette incapacité à acquérir des réflexes, des automatismes, une certaine rigueur était forcément dû à une certaine déficience intellectuelle.

J’admirais les « autres » assistantes : vous savez les super-pro, super-constantes, super fiables. Les supers assistantes quoi !
Je me trouvais super bête, super toute-petite, super nulle.
Dans tous les postes que j’ai occupés, j’avais une « super-collègue » super carrée, que j’admirais aussi secrètement que profondément.
Pour autant, ce niveau de perfection dans la rigueur me paraissait tellement inaccessible que, le manque de motivation dû aux postes en eux même aidant, j’ai souvent baissé les bras.

J’ai su compenser ce manque par d’autres qualités plus créatives mais aussi relationnelles, rédactionnelles, ainsi que par une certaine souplesse et adaptabilité.
Ceci m’a permis de toujours donner satisfaction au global dans les postes que l’on m’a confiés.
Mais au cours des entretiens annuels, ce manque de constance et de rigueur est revenu durant toute ma vie d’adulte comme les bavardages et étourderies durant toute mon enfance sur mes bulletins d’école primaire.

J’ai compris il y a peu que ce n’était pas forcément un manque d’intelligence mais juste ma personnalité, mon mental qui ne fonctionnait pas de cette manière et que pour moi, faire preuve de ces qualités spécifiques nécessitait plus d’effort que pour certaines personnalités plus aptes à les mettre en oeuvre.

Le poste que j’occupe aujourd’hui, par son contenu mais aussi et surtout par la qualité exceptionnelle de son cadre humain, me donne la motivation nécessaire pour aller puiser au fond de moi, au prix d’un effort constant, ces ressources de rigueur qui ne sont pas innées chez moi.

Mais comme vous avez pu le voir en début d’article, des dérapages sont toujours possibles et les lacunes sont et, malheureusement, resterons je le crains !
Car non, je ne suis pas un robot, je ne suis pas un automate ni une machine et… oh tiens et si je me faisait un petit thé pour commencer la journée ????

En conclusion, même si parfois certaines qualités semblent vous manquer, ne vous dénigrer pas pour autant, ne vous en voulez pas d’être vous même dans toute la singularité de votre personnalité.

Même si elle ne correspond pas toujours à « ce que l’on attend de vous ».

Respectez les personnes pour qui vous travaillez en donnant le meilleur, même si cela vous demande un effort, mais ne vous reniez jamais vous même en dénigrant la part « pauvre » de votre personnalité, car elle ne peut en être que plus riche par ailleurs.

Alors dans la vie professionnelle aussi : Self love FIRST !

3 réflexions sur “Petite chronique d’une assistante atypique…

  1. Merci pour ce partage qui fait sens!
    Et oui nous avons tous notre personnalité et parce que nous ne sommes pas comme un tel ou une telle ne fait pas de nous des personnes « moins ».
    C’est très juste de le rappeler. Soyons fiers de qui nous sommes.

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  2. Merci pour cet article en toute sincérité. Tu as, évidemment, bien d’autres qualités. Par exemple, ta capacité rédactionnelle et de story telling dans cette article sont incroyables, et me rendent terriblement jalouse 😉

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